Récit 1 : BonGo à San Gimignano

Chapitre 4 (suite de Bongo à Chianti, Italie)

Pour suivre le récit dès le début

Jour 4 : Torture et maisons-tours

Ce matin du 15 mai, motivé par le beau temps, je descends de mon perchoir improvisé, une corde à linge entre deux fenêtres. Je m’étais glissé pour la nuit dans une des poches d’un gilet accroché.

L’autobus pour San Gimignano m’attend. Du moins, j’essaie de m’en convaincre, car je hais la solitude. « Y a-t-il quelqu’un qui tienne à moi et qui serait prêt à laisser son Chianti de côté pour me donner un peu d’affection? » Snif! Je m’ennuie de Pietro et de Lynie. Pourquoi a-t-il fallu que je monte à bord de la voiture d’un inconnu?

Trêve de nostalgie. Je dois retrouver mes voyageurs préférés, et c’est pour ça que je dois aller à San Gimignano, dans la province de Sienne, en Toscane (au sud de Florence).

San Gimignano et ses maisons-tours

San Gimignano et ses maisons-tours

Je me faufile entre les jambes des quelques personnes qui embarquent avec moi. Un petit garçon me remarque, me ramasse et me sourit un peu trop. Il me serre à me casser la mousse intérieure. Si le voyage se passe ainsi, c’en sera fait de BonGo.

J’arrive finalement à destination, accompagné de mon bourreau, Riccardo. Il doit être bon en cuisine (faut bien plaisanter, je ne connais personne de ce nom sauf un grand chef qui habite Montréal). Sa mère m’arrache à lui, et voilà qu’il fait une crise dès notre sortie de l’autobus. Grand bien lui fasse! Guère mieux, elle m’introduit dans un minuscule sac de toile où je ne vois plus rien. Faut que je saute du sac. Mamma gesticule tellement que la chance me sourit et je réussis à m’évader de ma prison tressée. Je cours à en perdre la langue.

Bon, où suis-je, maintenant? Des escaliers semblent mener à la haute ville. Je les prends. Les touristes aiment les hauteurs. Au bout, des murs de pierre partout. Deux tours s’élèvent devant mes yeux. Je suis dans un village médiéval, au cœur du Moyen Âge, vers les années douze cents quelque. Puits, fontaines, palais, maisons-tours, tout tourne autour de moi.

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Je reprends connaissance en plein Museo della Tortura (ai-je besoin de traduire?). La chaleur m’a torturé l’esprit, sans doute. Je ne veux pas assister à des exécutions ni voir ces instruments de torture! Vite, sortir d’ici. J’emprunte un long tunnel sombre. Au bout, des escaliers qui descendent. Encore un tunnel. Une porte, à l’extrémité. J’essaie de l’ouvrir. Rien à faire. Une ombre s’approche, étêtée. Ouache! Du sang dégouline sur sa robe. Tout à coup, la porte épaisse s’ouvre sur ce qui semble être le fond d’un puits asséché. Une échelle rouillée est accessible sur le bord du puits. Je monte, haletant. L’ombre a disparu. Je vois enfin la lumière au bout du tunnel. J’aboutis sur la piazza del Duomo où est situé le Duomo. Vivant! Je me sens comme le professeur Landon dans le bouquin Anges et Démons.

OLYMPUS DIGITAL CAMERADehors, des vendeurs itinérants ont planté leur tente et tentent de vendre leurs babioles. J’ose un regard dans la basilique. D’immenses fresques datant du XIVe siècle tapissent les murs et le plafond. La chapelle Santa Fina a été érigée en l’honneur de la sainte la plus aimée de San Gimignano, Fina. On dit qu’au moment de sa mort, des pensées jaunes se sont mises à fleurir sur la planche de bois qui lui servait de lit. Depuis, tous les mois de mars, San Gimignano voit pousser des pensées entre les pierres, au bas des tours.

Vue de la ville fortifiée de San Gimignano

Vue de la ville fortifiée de San Gimignano

Autrefois, cette ville était puissante et riche. Sur les 70 maisons-tours, il en reste 14. Autour des remparts, la vue est magnifique. On a le goût de s’y perdre. Je marche toujours, et débouche sur la piazza della Cisterna. Un grand puits a été érigé en son centre. La place est bondée par les marchands, qui commencent déjà à ranger leur attirail pour déserter les lieux.

J’aurais espéré y voir Lynie et Pietro. Parmi cette foule, bonne chance! Je fais une pause autour du puits, puis j’aperçois un chien qui vient vers moi. Oh non! Je fais le mort, sans résultat. Toutou me renifle et m’emmène avec lui. Sa gueule sent l’encens. Qu’a-t-il bien pu man…

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En parlant de manger, avez-vous faim? Celui-ci semble vouloir rire de moi...

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